"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

Le danger des débris spatiaux à la dérive


Un dernier cri dans l’abysse




Cette photo montre la tête d’un petit serpent, bouche ouverte, qui disparaît dans l’œsophage d’une grenouille verte d’Australie, une rainette de White. En fait, cette image existe au moins depuis 2016, mais elle a été remise en avant via un post sur le site reddit, intitulé : « Un dernier cri dans les Abysssss ».

On ne sait pas qui a pris la photo, où et quand. Nous savons que la grenouille est une Dryopsophus caeruleus, confirmée par le biologiste Australien Jodi Rowley de l’université de Nouvelle-Galles du Sud sur Twitter.

Le jeune reptile pourrait être un serpent brun (Pseudonaja), selon ce post sur Google Plus datant de novembre 2016.

La grenouille a survécu à son banquet, il n’en sera pas de même pour le serpent.

L’image pourrait être une astucieuse manipulation photo (et elle a même fait l’objet d’une “battle” sur Photoshop), mais les grenouilles n’ont pas peur de profiter de ce genre de repas. Elles mangent principalement des insectes, mais elles sont aussi connues pour avaler de plus grosses proies, comme les chauves-souris ou les souris et de petits/ jeunes serpents. Elles se mangent même entre elles, du moment que cela passe dans l’œsophage…

Si la grenouille n’avait pas mangé le serpent, celui-ci aurait sans doute eu, plus tard, sa part de grenouilles, car elles sont une partie cruciale de l’alimentation de nombreux serpents.

L'histoire de la station spatiale internationale, la construction la plus chère jamais réalisée



La conquête spatiale est à son apogée. En posant un atterrisseur sur la comète Tchouri, en étudiant la composition géologique de Mars ou encore en construisant la Station spatiale internationale, l’Homme a amorcé une étape cruciale de son exploration cosmologique. L’ISS, justement, sur laquelle résident en permanence des cosmonautes, est un véritable bijou de technologie. DGS vous présente son histoire et le cheminement qui a finalement amené à sa construction.

En avril 1961, le 12 juin, l’URSS frappait un grand coup dans sa course à l’espace contre son rival historique, les Etats-Unis. Ce jour-là, l’Union soviétique envoyait en orbite terrestre le premier homme, Youri Gagarine, et amorçait une fantastique époque d’innovations cosmologiques. Pour riposter, le géant américain poserait le premier pas sur la Lune, 8 ans plus tard, et franchissait à son tour un cap.

10 ans après Gagarine, les Russes accomplissent un nouvel exploit : construire la première station spatiale au monde, Salyut 1. Le concept, lui, était déjà dans l’esprit des plus grands scientifiques depuis plusieurs décennies, puisque déjà en 1950, le concepteur des V2, Werner Von Braun, imaginait un futur dans lequel l’Homme aurait occupé une station orbitale permanente. La structure russe, elle, est lancée en avril 1971 depuis le désormais célèbre cosmodrome de Baïkonour. Quelques mois plus tard, l’URSS envoie à bord de Salyut 1 trois cosmonautes qui y vivent pendant 23 jours. Une première historique. Mais l’histoire est cruelle et les trois hommes décèdent dramatiquement lors de leur retour sur Terre.

En matière de conquête spatiale, et à l’image des années 60, la décennie suivante ressemble à un virulent match de boxe. Sur le ring, à gauche – à l’ouest -, les Etats-Unis. En face de l’Oncle Sam, le géant russe. Et les deux mastodontes se rendent coup pour coup. Alors quand Salyut 1 est lancé en 71, l’Amérique ne peut en rester là. Elle décide à son tour de marquer les esprits et amorce le projet Skylab en 1973. Mais la NASA doit alors composer avec d’importantes coupes budgétaires et n’a d’autre choix que de bâtir sa station spatiale avec les composants dont elle dispose déjà. La structure de 90 tonnes, et qui mesure 35 mètres, sera donc construite à partir du troisième étage de la fusée lunaire Saturn V.

Le lancement de Skylab


Malgré quelques problèmes techniques au moment du lancement, comme la perte d’une partie du revêtement thermique et de panneaux solaires, Skylab est une réussite. Lorsque arrive à son bord le premier équipage, celui-ci doit d’abord réparer le matériel. Il s’acquitte de sa mission avec brio et verra ses successeurs réaliser d’autres prouesses. La dernière équipe de Skylab, elle, restera 84 jours d’affilée en orbite dans la station, un nouveau record. Finalement, en 1979, la structure se désintègre en rentrant dans l’atmosphère terrestre, comme un retour aux sources. Qu’importe, l’Amérique a de nouveau repoussé les limites du possible et a prouvé sa détermination.

Parmi les enseignements tirés de l’expérience Skylab, la NASA retiendra notamment la possibilité de réparer du matériel dans l’espace, comme ce fut le cas du premier équipage du programme, obligé de sauver la station pour sa propre survie. Mais l’agence spatiale américaine se rappellera aussi que les cosmonautes en orbite ne sont pas des hommes comme les autres et c’est la troisième équipe de Skylab qui le leur apprendra. Profondément marqués par la planification excessive de leur emploi du temps, les astronautes décident finalement, d’eux-mêmes, de s’octroyer une journée de congé. Apparenté à une mutinerie, l’épisode redéfinira les relations entre le contrôle au sol et les équipages en orbite.

La station Skylab


Le 25 janvier 1984, le président américain Ronald Reagan énonce son célèbre discours sur l’état de l’Union et affirme que « L’Amérique est de retour la tête haute, regardant les années 80 avec courage, confiance et espoir ». Quelques mois plus tôt, le chef d’Etat avait déjà demandé à la NASA de lancer un programme de station spatiale pour la recherche scientifique et occupée en permanence. Aux côtés des Etats-Unis « d’autres pays seront invités à participer à ce projet, afin que [l’Amérique puisse] renforcer la paix, bâtir une prospérité et étendre la liberté à tous ceux qui partagent ses objectifs », déclare Reagan.

La NASA s’attèle donc au projet et met en place le programme Freedom, une station spatiale internationale qui aiderait à promouvoir l’investissement du secteur privé dans le cosmos. La structure, elle, devra répondre aux hautes ambitions fixées par Reagan et prévoit donc d’intégrer à son bord un laboratoire, des quartiers de vie et une infirmerie entièrement équipée. Mais le projet n’alla pas aussi loin que le président américain l’avait envisagé et les partenaires internationaux (Europe, Canada et Japon) mirent finalement quatre ans pour adhérer à la conception finale. Pendant ce temps-là, seule une petite partie du projet avait été construite et le budget alloué était déjà atteint.

Peu à peu, le programme Freedom tombe en désuétude, la faute à un appareil étatique américain rebutant à débourser les sommes colossales nécessaires à la construction. Parallèlement, en 1991, l’URSS implose et l’industrie spatiale russe manque cruellement d’argent. Seulement voilà, l’Union soviétique a déjà mis en orbite sa station spatiale Mir depuis 1986 et les Etats-Unis ont alors l’opportunité de récupérer l’incroyable expertise russe en matière d’espace. De là, naît l’idée d’une collaboration russo-américaine : le programme Shuttle-Mir.

La station spatiale Mir


Peu à peu, des échanges se mettent en place entre les deux nations, matérialisés par des missions communes. Ainsi, le 3 février 1994, le cosmonaute russe Sergueï Krikalev rejoint l’équipage de la navette spatiale américaine Discovery pour une mission orbitale. Un an plus tard, l’astronaute Norman Thagard prend place à bord d’un vaisseau spatial Soyouz pour passer 115 jours sur Mir.

Forts de cette collaboration spatiale inédite, les deux pays jadis ennemis se mettent à rêver d’un projet titanesque. Grâce à la collaboration d’une quinzaine de nations, dont onze Etats européens, le Canada, le Japon et le Brésil, un accord est signé le 29 janvier 1998 et prévoit la construction de la Station spatiale internationale ou ISS. La même année, le 20 novembre, le lancement du module russe Zarya inaugure l’assemblage de la station. Deux ans plus tard, le 31 octobre 2000, le premier équipage permanent décolle dans un vaisseau Soyouz à destination de l’ISS. Le projet est alors largement amorcé et vit déjà, mais va tout de même rencontrer plusieurs accrocs de taille.

L’ISS


Le programme de l’ISS se heurte à plusieurs problèmes importants, notamment dans sa construction. Des scientifiques du monde entier doivent collaborer, et dépasser leurs différences culturelles, mais surtout linguistiques, ou encore logistiques. Exemple probant de ces dissimilitudes : les unités de mesure utilisées par chacun. Car si les Russes et les Européens se servent du système métrique, les Américains se réfèrent au système dit « impérial », basé sur des mesures en pouces, en pieds, en miles et en yards. Le projet de l’ISS a donc dû utiliser un espace numérique de travail commun, symbole de l’incroyable coopération mise en place.

Désormais, l’ISS est considérée comme une franche réussite et revêt une dimension politique, autant que scientifique. Car depuis son lancement, la station a accueilli des astronautes et observateurs du monde entier et permis d’incroyables découvertes scientifiques. Le projet, lui, est le résultat de cinquante ans d’avancées technologiques, de négociations et d’une collaboration scientifique et économique. Sur ce dernier point, la construction de l’ISS a atteint des sommes record, de l’ordre de 100 à 150 milliards de dollars, ce qui en fait l’objet le plus cher jamais construit par l’Homme. Mais pour une structure de cette envergure et de cette ambition, le prix relève de l’anecdote et l’Histoire ne retiendra que l’exploit.

Vue de la Terre depuis l’ISS


L’histoire de l’ISS est fantastique et témoigne des nombreuses étapes qui ont été nécessaires à sa réalisation. Elle illustre surtout la force incroyable que peuvent déployer les hommes lorsqu’ils décident d’unir leurs moyens pour une cause qui dépasse leur simple condition. Ici, la science, le savoir et l’avenir de l’espèce tout entière.

L’intelligence artificielle de Google n’a même plus besoin des humains pour les surpasser au jeu de go


L‘intelligence artificielle (IA) AlphaGo de Google DeepMind, qui avait déjà battu l’humain au jeu de go, est devenue encore plus intelligente. Le dernier système de l’entreprise a non seulement battu toutes les précédentes versions du logiciel, mais il l’a fait tout seul.

Selon Demis Hassabis, PDG et cofondateur de DeepMind :
La chose la plus frappante pour moi est que nous n’avons plus besoin de données humaines.
Alors que la première version d’AlphaGo devait être formée à partir des données de plus de 100 000 parties humaines, l’AlphaGo Zero peut apprendre à jouer à partir d’une feuille blanche. DeepMind a non seulement éliminé le besoin initial d’entrée de données humaines, mais Zero est également capable d’apprendre plus vite que son prédécesseur.

David Silver, le principal programmeur du projet Go de DeepMind, affirme que l’AlphaGo qui avait battu le champion du monde (18 fois) Lee Sedol 4-1 a demandé plusieurs mois d’entraînement.
Nous avons atteint un niveau de performance supérieur après seulement 72 heures d’entraînement avec l’AlphaGo Zero.

Seulement 4,9 millions de jeux simulés ont été nécessaires pour former Zero, par rapport aux 30 millions d’origine de l’AlphaGo. Après trois jours d’apprentissage, Zero a réussi à vaincre la version de Lee Sedol 100-0. Après avoir joué pendant 40 jours, Zero a battu la version la plus puissante d’AlphaGo de DeepMind, appelée Master, qui a battu le maître chinois Ke Jie en mai.

Pour Satinder Singh, directeur du laboratoire IA de l’université du Michigan :
Zero surpasse massivement l’AlphaGo déjà surhumain et pourrait être l’une des plus grandes avancées de l’IA jusqu’à maintenant.

Quand AlphaGo Zero a commencé à jouer contre lui-même, il ne lui a été présenté qu’un ensemble de règles, un plateau et les pions blancs et noirs. Il ne savait pas quelles stratégies, mouvements ou tactiques seraient nécessaires pour gagner. « Les seules ressources nécessaires sont les pierres noires et blanches du plateau », selon Silver, ajoutant qu’il croit que l’entreprise pourrait créer un système capable d’apprendre les règles du jeu.

Un goban traditionnel, plateau du jeu de go, avec des pierres noires et blanches. (Wikipédia)


Dès le début, à partir du moment où Zero a reçu les règles, le système a joué des parties contre lui-même. Pendant ce temps, il apprend les mouvements qu’il peut faire et qui le conduiront à une victoire. Pour que DeepMind améliore son système déjà couronné de succès et parvienne à ce résultat, il a dû reconcevoir les algorithmes utilisés dans l’IA.

Le processus global utilise un algorithme d’apprentissage par renforcement combiné avec un système de recherche. Dans sa forme la plus simple, cela signifie que Zero apprend par des essais et des erreurs et peut utiliser son système de recherche pour évaluer chaque mouvement potentiel.
Lorsque Zero a joué un match contre lui-même, il a reçu des rétroactions du système. Un +1 est donné s’il gagne et un -1 s’il perd. Après chaque partie, le réseau neuronal du Zero se reconfigure automatiquement en une nouvelle version, théoriquement meilleure. En moyenne, le système a pris 0,4 seconde de réflexion avant de faire un mouvement.

Le nouveau système utilise un seul réseau neuronal au lieu des deux et quatre des processeurs AI de Google par rapport aux 48 nécessaires pour battre Lee. Au cours du développement de Zero, Hassabis affirme que le système a été formé sur du matériel qui a coûté près de 35 millions de dollars à l’entreprise. Le matériel est également utilisé pour d’autres projets DeepMind.

Dans le développement de Zero, DeepMind a été capable de faire plus avec moins. Dans ses tests internes, la firme affirme que Zero a pu battre toutes ses précédentes versions : AlphaGo Master, AlphaGo Lee, AlphaGo Fan, Crazy Stone, Pachi et GruGo. Silver ajoute que Zero n’a pas atteint son niveau possible de connaissance maximal, mais uniquement parce que l’équipe a cessé de travailler sur le projet.

L’étude conclut :
Il est possible de l’entraîner à un niveau surhumain, sans exemples ni conseils humains, sans connaissance du domaine au-delà des règles de base.

Le système a appris les mouvements et les tactiques humaines communes et les a complétés avec ses propres et ses plus efficaces mouvements.

Comme pour la victoire de Deep Blue contre le grand maître des échecs Gary Kasparaov en 1996, le succès continu de DeepMind au jeu de Go a des implications plus larges.

Mais aussi avancé soit Zero, il ne peut être appliqué à n’importe qu’elle problème et le résoudre.
Selon M. Singh :
Pris ensemble, les résultats suggèrent que les IA fondées sur l’apprentissage par renforcement peuvent être bien meilleures que celles qui reposent sur l’expertise humaine. Le système, par exemple, ne pouvait pas être utilisé pour traduire des langues.

Pour Hassabis et ses collègues, le défi permanent consiste à appliquer ce qui a été appris dans le cadre du projet AlphaGo à d’autres problèmes d’intelligence artificielle avec des applications dans le monde réel.

Nous avons essayé de concevoir l’algorithme pour qu’il puisse jouer, en principe, à d’autres jeux appartenant à une classe similaire (incluant les échecs) et plus généralement aux domaines de planification.

Cela inclut le repliement des protéines, la découverte de médicaments, la conception de matériaux et la chimie quantique. Une partie de la résolution de ces problèmes réside dans la capacité à créer des simulations de résultats potentiels. Le jeu de Go est contraint à un environnement fixe et strict : il n’y a pas de hasard ou de chance qui affecte le résultat. D’appliquer cette approche à des scénarios réels où il y a un niveau d’imprévisibilité, est beaucoup plus difficile.