"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

Cette IA Google prédit vos risques de crise cardiaque et d’AVC grâce à vos yeux


L’IA de Google a seulement besoin de vos scanners oculaires pour connaître l’état de santé de votre cœur


Google a mis au point un nouvel algorithme d’apprentissage automatique capable de mesurer le risque d’accidents ou de maladies cardiovasculaires d’un patient en analysant… ses yeux. Une prouesse technologique et médicale rendue possible par les progrès toujours plus saisissants de l’intelligence artificielle.

Les scientifiques de Mountain View ne sont jamais à court d’idées. Après s’être essayés à la lentille de contact pour diabétiques en 2014, ils se sont penchés sur la détection des risques d’accidents cardiaques. En partenariat avec sa filiale Verily – spécialisée dans les technologies médicales – le géant du Net a accouché d’un algorithme d’apprentissage automatique unique au monde : il peut estimer les risques d’AVC ou de crise cardiaque des patients en se basant uniquement sur leurs scanners oculaires.

Les données relatives à l’arrière de l’oeil des patients sont suffisantes pour que l’algorithme puisse déterminer leur âge, leur pression sanguine, et leur accoutumance – ou non – à la cigarette. Détaillée dans un article de Nature Biomedical Engineering, cette méthode révolutionnaire représente un gain de temps considérable pour les praticiens et les patients : non-intrusive et relativement fiable, elle pourrait faciliter le diagnostic des personnes directement menacées par les maladies et les épisodes cardiaques.

Google et Verily ont entraîné leur algorithme via une machine d’apprentissage, à laquelle les chercheurs ont soumis les données médicales de près de 300 000 patients; une marée d’informations parmi lesquelles se trouvaient les scanners oculaires. Comme pour tous les apprentissages de fond, les scientifiques ont utilisé les réseaux de neurones artificiels pour extraire ces informations en les transformer en schémas. L’algorithme peut alors associer les signes avant-coureurs des scans oculaires avec les paramètres nécessaires à la prédiction des risques cardiovasculaires – comme l’âge et la pression sanguine.

Les chercheurs ont ensuite présenté à l’IA les scans rétiniens de deux patients : l’un présentant des risques d’accidents cardiaques, et l’autre non. L’algorithme de Google a trouvé qui étaient les personnes à risques dans 70 % des cas ! C’est à peine moins bon que la méthode des SCORE, généralement utilisée pour poser un tel diagnostic, et qui tourne à 72 % de réussite. Bien qu’il soit prometteur, l’algorithme devra encore subir toute une batterie de test avant de détrôner son aïeul.

Regarder dans le blanc des yeux des patients pour s’assurer de la bonne santé de leur coeur n’est pas sans fondement. Le professeur Alan Hughes précise que l’approche de Google est plausible puisqu’elle s’inscrit dans la « longue histoire de regarder la rétine pour prédire les risques cardiovasculaires ». Il faut savoir que la paroi interne de l’oeil est remplie de vaisseaux sanguins, qui attestent de la bonne santé générale du corps. En les étudiant via les caméras ou le microscope, les praticiens peuvent déduire des informations cruciales pour poser le diagnostic, parmi lesquelles l’âge, la pression sanguine et l’accoutumance à la cigarette.

La démarche de Google n’est pas tant de faciliter la vie des praticiens et des patients que d’étendre le champ des possibles dans l’utilisation des intelligences artificielles. Avec ce tour de force, Mountain View ouvre la voie à des IA d’un nouveau genre, spécialisées dans la recherche scientifique. La particularité de l’algorithme médical de Google étant qu’il n’a pas eu besoin d’outils de diagnostic préexistants : il a trouvé par lui-même de nouvelles manières d’analyser des données médicales existantes ! Techniquement, si une IA disposait de suffisamment de données, elle pourrait sensiblement créer une nouvelle méthode de diagnostic sans aucune intervention humaine. La perspective d’avoir un Dr. IA a beau demeurer fantasmagorique, elle pourrait bel et bien devenir réalité d’ici quelques décennies…

Matthieu Garcia

Explosion cosmique il y a 10,5 milliards d'années


Le phénomène s'est produit lorsque une étoile massive a mis fin à ses jours dans une explosion cataclysmique connue sous le nom de supernova. (Photo: NASA)


Une énorme explosion cosmique vieille de 10,5 milliards d'années: des astronomes annoncent mardi avoir découvert la supernova, une étoile en fin de vie, la plus lointaine jamais détectée.

«DES16C2nm (le nom donné à cette supernova, ndlr) est extrêmement lointaine, extrêmement brillante et extrêmement rare, pas le genre de chose sur lequel, en tant qu'astronome, on tombe tous les jours», explique Mathew Smith, auteur principal de l'étude, dans un communiqué de l'Université de Southampton (Royaume-Uni).

Le phénomène s'est produit lorsque une étoile massive lovée dans une galaxie très lointaine a mis fin à ses jours dans une explosion cataclysmique connue sous le nom de supernova.

Les phénomènes qui accompagnent la mort d'une étoile sont très violents car la matière composant l'astre est éjectée à des vitesses de plusieurs milliers de kilomètres par seconde. Du fait de l'incroyable quantité d'énergie libérée, l'événement brille autant que... 200 millions de soleils et peut être aperçu depuis la Terre.

La lumière émise par le phénomène céleste a atteint notre planète 10,5 milliards d'années après qu'il a eu lieu et a été détecté pour la première fois en août 2016. Sa distance et son extrême luminosité ont ensuite été confirmées en octobre 2017 par trois télescopes distincts.

L'équipe internationale d'astronomes dirigée par l'Université de Southampton et à l'origine de l'étude publiée mardi dans l'Astrophysical Journal a classé la petite dernière parmi les «supernovas super lumineuses (SLSN)», la classe des supernovas les plus brillantes et les plus rares. «En plus d'être une découverte très excitante, la distance extrême de DES16C2nm nous donne un aperçu unique de la nature des supernovas super lumineuses», dit Mathew Smith.

«La lumière ultraviolette émise par cette supernova nous renseigne sur la quantité de métal produite dans l'explosion et sur la température de l'explosion elle-même, deux informations essentielles pour comprendre les causes, les moteurs, de ces explosions cosmiques», ajoute-t-il.

AFP

Pour perdre du poids, il vous suffit simplement de mâcher plus longtemps



Manger lentement peut aider à perdre du poids. Jusque-là rien d’anodin, mais une étude publiée dans la revue BMJ Open vient (encore) de le prouver. Les données s’appuient sur les bilans de santé d’assurance maladie d’environ 60 000 japonais sur une période de cinq ans, de 2008 à 2013.

Ce n’est pas la première fois que des travaux démontrent l’importance de prendre son temps à table. Manger rapidement, c’est être susceptible de prendre du poids et en conséquence d’être en surpoids. Les chercheurs japonais se sont basés sur des diabétiques de type 2, et leur conclusion est la suivante : manger plus lentement permet de réduire son indice de masse corporelle (IMC).

Les scientifiques ont posé des questions sur les habitudes alimentaires des participants : prenaient-ils leurs repas lentement, normalement ou rapidement ; combien de fois mangeaient-ils par jour; sautaient-ils des repas… L’analyse des données révèle que 21,5 % du groupe avec une alimentation lente étaient obèses, 30 % dans groupe à vitesse normale et 45 % dans le groupe à vitesse rapide.

Plusieurs facteurs réduisent le risque d’obésité : manger doucement, ne pas manquer de sommeil, ou encore ne pas grignoter avant de se coucher. Comme l’explique le président du National Obesity Forum, Tam Fry : « La vitesse à laquelle beaucoup de gens avalent leur nourriture est indéniablement un contributeur à l’obésité. Il faut plus de temps pour que les mangeurs rapides se sentent rassasiés simplement parce qu’ils ne permettent pas aux hormones intestinales de dire au cerveau d’arrêter de manger. »

Cette étude a quelques limites puisque les données proviennent des assurances maladie, donc variables. Les habitudes de vie et le temps passé à table découlent d’une auto-évaluation des patients, et tout le monde n’a pas la même définition de vitesse pour un repas. De plus, l’étude n’inclut pas l’analyse de l’exercice physique. Toutefois, son large panel de participants lui donne la possibilité de consolider la validité de ses données.

« Le fait de dîner fréquemment dans les deux heures avant de dormir, de grignoter après le dîner et de sauter le petit déjeuner contribue au développement de l’obésité. », indiquent les chercheurs. Ils affirment cela par leurs analyses et le résultat d’études antérieures. « Cela confirme nos conclusions selon lesquelles la cessation de ces habitudes peut aider à réduire l’obésité et l’IMC. », poursuivent-ils.

« Les interventions pour modifier les habitudes alimentaires, telles que les initiatives éducatives et le programme de réduction de la vitesse d’un repas, peuvent être utiles pour prévenir l’obésité et réduire le risque de maladies non transmissibles. », finissent par conclure les scientifiques.


Bérengère Condemine

2,1 milliards de personnes n’ont pas l’eau potable : ce filtre révolutionnaire va leur sauver la vie



Une équipe de chercheurs australiens semble avoir trouvé un remède à la crise de l’eau qui frappe actuellement plusieurs dizaines de pays du globe. Les scientifiques de la CSIRO ont élaboré un filtre à eau révolutionnaire qui retient 100 % du sel et des produits d’entretiens domestiques, le tout en un seul passage ! Un tour de force qui pourrait signer la fin de toute pénurie d’eau potable dans le monde.

L’Organisation des Nations Unies estime que près de 2,1 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable; plus d’un quart de la population mondiale. C’est en partant de ce postulat que les chercheurs de la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation ont eu l’idée d’un filtre à eau capable de rendre potable n’importe quelle eau, aussi bien tirée du Gange que de l’Océan Indien.

Le problème récurrent lié à la filtration d’eau, c’est son mécanisme coûteux et complexe. Le processus classique nécessite plusieurs étapes particulièrement lourdes et longues, parmi lesquelles le tamisage, la clarification et la désinfection. C’est en partant de ce postulat que les chercheurs du CSIRO ont eu l’idée d’un filtre à eau rapide, peu cher, et d’une efficacité à toute épreuve. Et ils y sont parvenus…



Les scientifiques du CSIRO se sont très vite penchés sur les propriétés du graphène. Ce matériau ultra-résistant à base de carbone présente la particularité d’être hydrophobe : il repousse l’eau. Mais ce super-matériau présente un énorme défaut : son coût de fabrication. Puisqu’il est excessivement cher à produire, à tel point que son utilisation reste très limitée, les chercheurs ont créé leur propre matériau directement tiré du graphène : le graphair.

Le graphair est une forme dérivée du graphène élaborée à partir d’huile de soja. Bien plus économique et facile à fabriquer que le graphène traditionnel, il conserve lui aussi la particularité d’être hydrophobe. Pour le changer en filtre, les scientifiques du CSIRO ont développé un film en graphène avec des nanocanaux microscopiques. Ces derniers laissent passer l’eau tout en bloquant le passage aux polluants les plus gros, grâce à des molécules tout aussi grosses. Une fois ce film amélioré en main, l’équipe l’a superposé sur une membrane de filtration d’eau achetée dans le commerce : les tests pouvaient commencer.

C’est à Sydney Harbour que s’est joué le sort du graphair. L’équipe a dans un premier temps utilisé la membrane qui sert de filtre sans le film de graphair : elle s’est très vite recouverte de déchets, bloquant les pores qui permettent normalement à l’eau de s’écouler. Ils ont ensuite rajouté le film sur cette même membrane et le résultat fut saisissant : la combinaison des deux permettait de filtrer 99 % de l’eau plus rapidement que n’importe quel filtre à eau du marché, le tout sans jamais cesser de fonctionner malgré l’accumulation des déchets !

Un résultat similaire à celui déjà obtenu en 2017, lorsque les minuscules pores de leur filtre en graphène étaient parvenus à stopper le passage du sel contenu dans de l’eau de mer. Optimiste et confiant, le directeur du projet Dong Han Seo confie : « Nous espérons pouvoir conduire des tests sur le terrain d’ici l’année prochaine dans la communauté d’un pays en développement. »



Matthieu Garcia