"Tant que tu vivras, cherche à t'instruire: ne présume pas que la vieillesse apporte avec elle la raison" Solon

Bientôt des prises de sang sans piqûre !


Plusieurs start up ont mis au point des dispositifs dotés de microaiguilles, permettant de prélever du sang sans douleur.

La perspective d’une prise de sang n’est jamais agréable. Une bonne raison de partir à la recherche d’alternatives ! C’est ce qu’on fait plusieurs entreprises, qui ont trouvé le moyen de proposer des prises de sang… sans piqûre !

Comment est-ce possible ? La start up américaine  Seventh Sense Biosystems a conçu un dispositif étonnant, à installer sur la partie interne du bras. Pour utiliser ce boîtier à usage unique, il suffit d’appuyer sur un bouton, pour faire sortir 30 microaiguilles. Toutes plus petites qu’un cil, elles permettent de récolter 0,1 millilitre de sang sans douleur, en deux à trois minutes, mais laissent tout de même une petite marque.

Dans la même veine, la start up américaine Tasso a conçu un boîtier à coller sur la face externe du bras. Il contient seulement quatre microaiguilles, limitant ainsi la formation d’une éventuelle cicatrice, et permettant de prélever 0,15 millilitre de sang.

Loop Medical, une start up suisse de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), est allée encore plus loin, en pensant un dispositif du même acabit permettant de prélever jusqu’à 1 millilitre de sang.

Bonne nouvelle : Seventh Sense Biosystems vient d’obtenir viennent l'autorisation de commercialiser son invention en Europe, comme le rapporte L’Express. Elle sera d’abord distribuée aux laboratoires, puis un jour, aux particuliers, si un circuit d'acheminement du sang est mis en place.

Un tatouage biomédical pour détecter le cancer


Le tatouage ressemble à un grain de beauté. (Photo: www.ethz.ch)


Des chercheurs bâlois ont développé un «tatouage biomédical» qui permet de détecter quatre types de cancer à un stade très précoce. Implanté sous la peau, ce capteur en forme de grain de beauté change de couleur pour donner l'alerte.

L'équipe de Martin Fussenegger, du Département des biosystèmes à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) à Bâle, a développé un réseau de gènes synthétique capables de reconnaître le cancer de la prostate, du poumon, du côlon et du sein, soit les quatre types de tumeurs les plus répandus.

Le capteur se compose d'un réseau génétique placé dans des cellules humaines et encapsulé dans un implant. Il mesure en permanence le taux de calcium dans le sang. Lorsque le seuil d'alerte est dépassé sur une longue durée, une cascade de signaux s'enclenche et stimule la production du pigment endogène mélanine dans les cellules génétiquement modifiées.

Le «grain de beauté» vire alors au brun, avertissant le porteur qu'il doit se rendre chez le médecin. La détection se fait à un stade très précoce, bien avant que la maladie puisse être mise en évidence par les moyens de diagnostic usuels.

Meilleures chances de survie

«Le grain de beauté ne signifie pas que la personne va bientôt mourir», souligne le Pr Fussenegger, cité mercredi dans un communiqué de l'EPFZ. Au contraire, la détection précoce augmente nettement les chances de survie.

Pour le cancer du sein par exemple, seule une femme sur quatre a de bonnes chances de guérison s'il est détecté tardivement, contre 98% s'il est identifié suffisamment tôt. Pour le cancer de la prostate, le taux de guérison est actuellement de 32%, pour celui du côlon de 11% seulement.

Reconnaître à temps ces tumeurs permettrait non seulement de sauver des vies, mais aussi d'économiser les coûts de longues et onéreuses thérapies. L'autocontrôle que permet l'implant est également une source d'économies potentielles, note l'EPFZ. Seul bémol, la durée de vie des cellules vivantes encapsulées dans le capteur ne dépasse pas pour l'instant une année.

Pas avant dix ans

Les chercheurs ont testé leur prototype avec succès sur des souris et de la peau de porc, ainsi qu'ils le rapportent dans la revue Science Translational Medicine. Le Pr Fussenegger estime à au moins dix ans la durée encore nécessaire pour qu'un tel dispositif arrive sur le marché, entre recherche, développement et tests cliniques. Selon lui, le concept du «tatouage biomédical» pourrait être appliqué à d'autres pathologies, maladies neurodégénératives ou troubles hormonaux par exemple, en utilisant d'autres biomarqueurs que le calcium. Enfin, pour éviter de stresser inutilement les porteurs de tels tatouages, il est aussi envisageable de faire en sorte qu'il ne soit visible qu'à la lumière rouge. Le contrôle serait alors effectué par le médecin traitant.

ATS

Une enzyme dévoreuse de plastique a été découverte par hasard


En étudiant une enzyme capable de digérer des plastiques polluants, des scientifiques ont créé sans le vouloir une protéine encore plus efficace. Elle pourrait dégrader le plastique PET, particulièrement polluant.

Entre 1950 et 2015, 8,3 milliards de tonnes de plastiques ont été produites par l’être humain, dont 6,3 milliards de tonnes se sont transformées en détritus peu biodégradables. Si la part des plastiques dans les déchets continue de croître au rythme actuel, 12 milliards de tonnes de déchets plastiques pourraient finir dans la nature d’ici 2050 — 35 000 fois la masse de l’Empire State Building.

À l’heure où la science songe à utiliser des satellites pour mesurer l’ampleur des dégâts, d’autres chercheurs ont peut-être fait une découverte importante pour lutter contre cette forme de pollution. Le 16 avril 2018, l’Université de Portsmouth (Royaume-Uni) et le Laboratoire national sur les énergies renouvelables (NREL, Colorado) ont publié un travail de recherche commun sur une enzyme aux propriétés étonnantes.

LA PROTÉINE « DIGÈRE » LE PLASTIQUE

Les scientifiques américains et britanniques avancent ainsi avoir mis au point une enzyme qui parvient à « digérer certains plastiques polluants ». La découverte est d’ores et déjà présentée comme une potentielle solution de recyclage des déchets en polytéréphtalate d’éthylène, ou PET — un matériau notamment employé dans la fabrication des bouteilles en plastique.

L’enzyme en question porte le nom de PETase. La bactérie a été découverte au Japon quelques années auparavant, et les chercheurs ont alors supposé qu’elle avait évolué dans un centre de recyclage — le PET ayant été breveté dans les années 1940.

John McGeehan, professeur de biologie structurale, et l’ingénieur Gregg Beckham se sont penchés sur la structure cristalline de cette enzyme, qu’ils ont étudiée en trois dimensions pour comprendre son fonctionnement. C’est au cours de cette étape qu’ils ont involontairement créé une autre enzyme, encore plus efficace pour dégrader le plastique.

« La chance joue souvent un rôle important dans la recherche scientifique fondamentale, et notre découverte n’y fait pas exception », a commenté John McGeehan.

Le professeur souligne que cette découverte est « modeste » mais qu’elle laisse supposer qu’une marge de manœuvre existerait pour améliorer davantage cette nouvelle version de l’enzyme.